Psy ou coach : comment faire la différence ?

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Si je désire me faire accompagner pour dépasser ma timidité, quelle est la bonne solution ? Est-ce que je me tourne vers un coach où est-ce que je vais voir un psy ?

Quelle est la différence entre un coaching et une psychothérapie ? Si je manque de confiance en moi, par exemple, et que je désire me faire accompagner pour dépasser ma timidité, quelle est la bonne solution ? Est-ce que je me tourne vers un coach où est-ce que je vais voir un psy ? Et un psy, ça peut être un psychologue, un psychothérapeute, un psychiatre… différents termes qui sont en fait des réalités différentes. Dans cette vidéo, je voudrais vous donner quelques repères pour que vous puissiez différencier facilement ces différentes approches et que vous puissiez connaître la spécificité du coaching par rapport à la psychothérapie.

Le coaching se mobilise autour d’un  objectif

Une caractéristique du coaching c’est que la personne qui vient voir le coach est censée avoir une demande. Il s’agit d’une demande que nous allons formaliser en un « objectif ». Donc, dans un coaching, nous avons un cap, une destination, quelque chose à atteindre. Par exemple, un objectif de coaching peut être : « je désire prendre davantage la parole quand je suis dans un groupe ». On a affaire à un objectif concret (prendre la parole), spécifique (le fait d’être dans un groupe) et mesurable (parce que je peux très bien compter le nombre de fois que je prends la parole au cours d’une journée au boulot ou dans mon cercle d’amis). Donc un objectif concret, spécifique, mesurable et limité dans le temps. A l’inverse, la psychothérapie n’exige pas forcément de définir un objectif concret : le patient va être accueilli dans son mal-être parfois indéfinissable et le rôle du thérapeute est justement de diagnostiquer ce mal-être et de proposer un traitement une voie de guérison.

Le coaching est limité dans le temps

Du fait que le coaching poursuit un objectif spécifique et que nous allons rester concentrés sur cet objectif, il est normal que le coaching s’arrête lorsque nous avons atteint l’objectif. Les coachings sont parfois très courts, parfois deux ou trois séances peuvent suffire, lorsqu’il s’agit simplement de déclencher une impulsion ou une stratégie chez la personne. Dans d’autres cas, les coachings sont plus complexes, par exemple quand on désire développer toute une série de compétences sociales liées à l’expression et à la gestion émotionnelle, en dépassant nos peurs, là on a affaire à un coaching plus consistant, qui peut prendre 10 à 20 séances, parfois même une trentaine de séances. Mais on dépasse très rarement une année complète de coaching. Donc le coaching, c’est une intervention limitée dans le temps. En revanche, en psychothérapie, le processus peut être beaucoup plus long. Je pense particulièrement aux psychothérapies introspectives, comme la psychanalyse tout particulièrement, qui invitent le patient à travailler sur lui pendant parfois des années, voire des décennies. Il y a des gens qui sont venus me voir en coaching et qui sortent de 20 ou 30 ans de psychanalyse. Maintenant, c’est vrai, ces dernières années, on a vu apparaître des thérapies de plus courtes durée. On les appelle d’ailleurs les « thérapies brèves ».

Le coaching responsabilise les personnes

Le coaching, vous l’avez compris, s’adresse à des personnes capables de formuler une demande, des personnes capables de se responsabiliser autour de leurs actions, de leurs émotions, etc. Par exemple, une personne qui serait atteinte de psychose paranoïaque, qui a tendance à pointer le problème comme venant systématiquement de l’extérieur ou bien une personne schizophrène, qui ne serait pas ancrée sur le réel, sur les éléments de réalité, on ne pourra pas les coacher, elles relèvent de la psychologie clinique. Donc, en coaching, même si la personne ressent éventuellement des peurs, des blocages, de fortes émotions, on va quand même considérer cette personne comme un adulte responsable désireux de s’améliorer. Il ne faut pas oublier que le coaching vient du monde du sport où on a un focus sur l’amélioration de nos capacités et de nos performances. En matière sociale, on parlera de capacités d’expression, de capacités relationnelles, de capacités de gestion émotionnelle, tandis que la psychothérapie est construite sur une toute autre étymologie. Le mot « psychothérapie » vient de « psyché », qui veut dire l’âme, et de « thérapie », qui signifie le processus de guérison. La psychothérapie signifie littéralement le « processus de guérison de l’âme ». Ce qui implique quelque part qu’en psychothérapie, on considère le patient comme « malade » ou, en tout cas, atteint d’un problème. Dans la définition officielle de la Fédération des thérapeutes de France, on définit le « patient » comme une personne atteinte de troubles mentaux, psychologiques ou psychosomatiques. Et le thérapeute est là pour proposer un traitement. D’ailleurs, la psychothérapie et parfois accompagnée d’un traitement médical et, là, on sort vraiment du rayon du coaching. Ce n’est pas du tout dans les compétences du coach ni même du psychologue. Aux États-Unis, la législation permet, je pense, au psychologue de prescrire quelques solutions médicamenteuses, mais en Europe, en France notamment, c’est uniquement le psychiatre qui est habilité à prescrire des médicaments. Donc le psychiatre est vraiment la profession qui se situe à la jonction entre la médecine et la psychologie. On est dans le rayon de la « santé mentale ».

Le coaching est orienté vers l’action

Entre les séances, le coach donne des exercices, des challenges. Il peut s’agir soit d’actions introspectives, comme le fait de devoir se poser certaines questions durant la semaine, ou bien des actions pures et dures, comme le fait de devoir prendre la parole dans tel ou tel contexte, faire un compliment, émettre une critique, s’inscrire à une activité. On fait parfois même des exercices plus originaux et très fun. Dans tous les cas, le coach accompagne la personne dans son changement concret, au jour le jour, dans la vie réelle, alors qu’en psychothérapie, en tout cas en psychothérapie classique, on imagine plutôt le patient assis dans son fauteuil avec, en face de lui, un psychothérapeute, un psychologue qui l’écoute attentivement et l’invite à dérouler, à déployer son autoanalyse. Précisons quand même que ce tableau est un peu binaire : cette démarcation entre le coaching orienté action et la psychothérapie orientée introspection ne correspond plus tout à fait à la réalité d’aujourd’hui. Parce qu’en coaching, en réalité, on fait de l’introspection, on invite aussi la personne à réfléchir, à se poser des questions sur ses valeurs, ses croyances, son identité, etc. Et en psychothérapie, on a vu apparaître, ces dernières années, des psychothérapies beaucoup plus concrètes et beaucoup plus orientées sur l’action. Je pense notamment aux TCC (les thérapies cognitives et comportementales) où on travaille vraiment, non seulement sur le plan cognitif, on fait ce qu’on appelle dans notre jargon de la « restructuration cognitive », c’est-à-dire qu’on amène le patient à reconsidérer si nécessaire sa façon de penser, mais on ne s’arrête pas là, on fait du cognitif ET du comportemental. Donc c’est une thérapie qui invite aussi le patient à déployer, dans la vie réelle, de nouveaux comportements, mieux adaptés.

Le coaching met un focus sur le futur

En coaching, comme je vous le disais, nous avons une destination. On part d’un point A et on va à un point Z. Ce qui implique une capacité à se projeter dans le futur. En coaching, nous avons un focus essentiellement sur le présent et sur le futur. On essaye de s’améliorer dans le présent, auquel on se confronte dans un mouvement de changement vers un futur désirable et désiré. En coaching, on fait rarement une incursion dans le passé. On va s’intéresser au passé uniquement si la personne nous y amène. Par exemple, lorsqu’une personne nous dit qu’elle a du mal à adopter un nouveau comportement à cause d’une blessure ancienne, d’un traumatisme. Dans ce cas, il existe des techniques de coaching qui nous permettent de revenir à un événement passé et le « nettoyer ». Mais, de manière générale, le coaching s’intéresse beaucoup plus au présent et au futur désiré. En psychothérapie, on va également désirer un meilleur futur pour son patient, un futur plus confortable. C’est le but du travail, mais en psychothérapie, comme vous le savez, on va quand même beaucoup s’intéresser au passé. Il y a un focus important sur le passé : on remonte à l’enfant, on s’intéresse au vécu familial, au lien aux parents, au lien à la mère, au père, etc. Et donc nous sommes dans une démarche très différente du coaching qui, comme je vous le disais, maintient un focus principalement sur le présent et sur le changement futur. Le coaching et la psychothérapie sont parfois très complémentaires. Par exemple, une personne qui a suivi une psychothérapie et qui a eu l’occasion de dénouer des éléments freinants aux racines de sa psychologie sera d’autant plus à même d’effectuer un coaching efficace.

Le coach doit connaître ses limites

Le coach doit pouvoir aussi respecter ses limites. Je vais vous donner quelques exemples. Dans certains cas, il est nécessaire d’accepter le fait que la personne n’est pas apte à suivre un coaching. Par exemple, lorsque la personne ne parvient pas à passer à l’action. Comme nous l’avons dit, le coaching est très orienté sur l’action. Si, au bout de deux ou trois séances, la personne ne fait pas les actions pour lesquelles elles s’est engagée, c’est qu’il y a quelque chose qui bloque vraiment et que la dynamique du coaching risque de ne pas être efficace. Dans ce cas-là, il vaut mieux aiguiller la personne vers une thérapie. Un autre cas de figure problématique, c’est lorsque la personne n’accepte pas de se responsabiliser, de se remettre en question. La responsabilisation est vraiment une clé du coaching. A partir du moment où la personne n’accepte pas de voir ses imperfections et de tenter de les corriger, il n’est pas possible de mener un coaching efficace. Donc, là aussi, il est préférable d’aiguiller la personne vers une psychothérapie. Un troisième cas de figure, c’est lorsque l’émotion est trop forte. Quand la peur est très intense, par exemple. C’est ce qui fait la différence entre une timidité d’intensité moyenne et une véritable phobie sociale. Cela m’est déjà arrivé quelques fois de recevoir en coaching des personnes qui ont extrêmement peur. On est vraiment dans la phobie sociale. Ce sont des personnes qui ne peuvent pas croiser quelqu’un dans la rue sans être quasiment en panique. Donc le niveau de peur est vraiment très élevé et, dans ces cas-là, il faut bien avouer que le coaching n’est pas très efficace. Il vaut mieux aiguiller la personne vers un psychologue ou un psychiatre ou vers des thérapies spécialisées dans le traitement des phobies. Un quatrième cas de figure, c’est lorsque la personne est complètement instable et va changer d’objectif à tout instant, ou bien vous manipule. Donc voilà toute une série de cas de figure où le coach devrait pouvoir se dire que la personne n’est pas à même d’effectuer ce coaching et la rediriger vers un ou une psychologue.

Les aspects légaux

Un point important à mentionner, du point de vue légal et du point de vue de l’encadrement de ces métiers, c’est le fait que le coaching n’est pas un métier encadré. Il n’y a pas de statut légal officiel pour le métier de coach. En clair, ça veut dire que n’importe qui peut se déclarer coach, s’improviser comme coach et, malheureusement, c’est ce qui se passe. Donc vous allez trouver sur le marché des personnes qui sont coachs et qui ont suivi un cursus consistant (par exemple, dans mon cas, j’ai suivi 18 mois de cours intensifs avec des stages pratiques supervisés et quelques formations complémentaires), mais vous allez également trouver des gens qui se disent coachs et qui n’ont ni expérience ni diplôme. En revanche, le métier de psychologue, lui, est complètement protégé. Un psychologue est quelqu’un qui a suivi des cours de niveau universitaire. Quant au psychiatre, il appartient au domaine de la santé. Le psychiatre est à cheval entre la médecine et la psychologie. On est dans le domaine de la santé mentale. En revanche, en ce qui concerne l’appellation de « psychothérapeute », c’est beaucoup plus compliqué. D’abord parce que le métier de psychothérapeute n’est pas défini de la même manière selon les pays, que vous soyez en Belgique, au Luxembourg, en Suisse, en France, au Canada ou aux États-Unis, la définition de ce qu’est un psychothérapeute va varier. En France, la situation est particulièrement croustillante, dans le sens où le métier de psychothérapeute est désormais protégé (pas depuis très longtemps, depuis 2010), le titre de psychothérapeute est protégé, mais n’importe qui peut proposer une thérapie. En d’autres termes, vous pouvez être « psychopracticien » de fait, sans être psychothérapeute. Donc vous voyez qu’on est dans un univers assez complexe. Dans un sens, c’est souhaitable aussi, car cela ouvre la porte à la créativité et à la recherche de différentes variantes thérapeutique.

Alors qui consulter ?

Alors qui consulter si vous avez des problèmes de timidité ou de confiance en vous ? Il y a plusieurs possibilités tout à fait valables. La première, c’est de consulter simplement un psychologue. Mais dans ce cas là, ce que je vous conseille, c’est de vous tourner vers un psychologue qui est formé aux thérapies cognitives et comportementales. Ce n’est pas moi qui le dis, je me base sur les propos du Docteur Christophe André, qui est un psychiatre vraiment spécialisé dans les peurs sociales. Christophe André a écrit de nombreux ouvrages disponibles en librairie sur la timidité. La position de Christophe André, c’est que les thérapies cognitives et comportementales ont prouvé leur efficacité en termes de traitement des peurs sociales, ce qui est beaucoup moins évident pour la psychanalyse, par exemple. Et c’est un peu logique quand on y pense : en psychanalyse, la personne reste dans son mental, alors que tout l’enjeu de du dépassement de la timidité, c’est de sortir de ce mental et d’oser plonger dans le social, d’oser s’exercer les interactions sociales. Donc une première possibilité, c’est le psychologue formé aux thérapies cognitives et comportementales. La deuxième possibilité, c’est de vous tourner vers un coach. Et dans ce cas là, étant donné que le métier de coach, comme je vous l’ai dit tout à l’heure, n’est pas protégé, il faut quand même vous assurer que la personne à laquelle vous allez vous confier dispose d’un minimum d’expérience et de formation en la matière. Dans mon cas, je suis formé à la fois au coaching et aux thérapies cognitives et comportementales. Quand on y regarde de près, finalement, il n’y a pas beaucoup de différence entre le coaching, en tout cas dans sa version la plus aboutie, et les thérapies cognitives et comportementales, dans leur socle théorique. Le vocabulaire est un petit peu différent, les TCC vont peut-être aller parfois un petit peu plus loin sur le plan technique, mais en gros, sur le terrain, on est dans les mêmes mécanismes. Ce qui est important, bien sûr, c’est que vous ayez confiance en la personne. Il faut que vous suiviez votre boussole. Il faut que vous puissiez trouver quelqu’un qui vous donne confiance, qui vous donne l’impression d’avoir compris votre problème, qui vous donne envie, qui vous motive de vous lancer dans un processus de changement et là, c’est toujours un petit peu personnel, il faut avoir des atomes crochus avec la personne que vous allez choisir. Et une fois que vous êtes lancé dans un coaching ou dans une psychothérapie, restez attentif : vous avez tout à fait le droit de rester critique. Si au bout de cinq ou dix séances, vous sentez que vous n’avancez pas du tout ou vous n’avez pas un bon feeling avec l’accompagnant, vous avez tout à fait le droit d’interrompre le processus. Ce qui peut vous aider aussi à faire le bon choix, c’est simplement le bouche à oreille. En général, les bons praticiens font parler d’eux en bien. C’est toujours intéressant d’écouter quelqu’un qui a des références de tel ou tel bon coach ou bon psychologue. La spécialisation, ça joue aussi : c’est difficile d’être bon en tout, de couvrir tous les domaines de la psychologie. Donc, en général, quand la personne affiche une spécialité, c’est un bon signal. En tous les cas, ne restez pas dans votre mal-être, prenez soin de vous, faites-vous aider si nécessaire parce que ça fait gagner du temps, ça fait gagner de la vie, avoir confiance en soi ça fait du bien, ça permet de croquer la vie à pleines dents. Merci pour votre attention et à très bientôt !

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