Éditorial : “Un frein à la vie”

À dose modérée, la timidité est un phénomène normal, voire souhaitable. Une certaine retenue et une certaine discrétion semblent nécessaires pour entretenir des relations respectueuses. Certaines actions – prendre la parole en public, déclarer sa flamme à l’être aimé, faire une critique à son patron – sont connues pour provoquer une émotion, bien normale, chez le commun des mortels. Cette émotion peut même être source de motivation. Une fois l’appréhension surmontée, le sujet peut se sentir entraîné dans l’action.

Cependant, certaines personnes peuvent ressentir une émotion si forte qu’elles s’en trouveront littéralement paralysées ou décontenancées. Elles peuvent ressentir cette émotion, non plus seulement dans des circonstances exceptionnelles comme le fait de devoir effectuer un discours en public, mais dans des situations beaucoup plus banales – faire la conversation avec un collègue, demander son chemin, téléphoner à une administration, participer à une soirée, etc.

En somme, chez les personnes timides, cette émotion liée à la peur des autres se manifeste plus facilement, plus fréquemment et plus intensément.

Etant liée à la perte du contrôle de soi, la timidité a quelque chose d’humiliant et de dévalorisant. Après un événement traumatisant, le timide prend conscience de toute sa maladresse, de tout ce qu’il a raté, de tout ce qu’il aurait pu dire et n’a pas dit, de tout ce qu’il aurait pu faire et n’a pas fait. Il se repasse le film et en ressasse les dialogues avec une sévérité impitoyable. Suite à un accès de timidité, le sujet a ainsi tendance à s’auto-déprécier, de même qu’il aura tendance à éviter de s’exposer à nouveau à des situations sociales similaires. Tel est le cercle vicieux de la timidité.

Petit-à-petit, de manière insidieuse, la personne s’abstient, se contient, se dissout, s’efface, oblitère ses rêves, ses ambitions, ses désirs, retient ses élans et agit par procuration. La timidité est une souffrance insidieuse, peu médiatisée, mais très répandue et qui constitue un véritable frein au bien-être.

À l’extrême, la timidité peut dégénérer en véritable phobie sociale. Avec une forte propension à l’isolement, à la dépression, à l’alcoolisme, voire au suicide.

Or, la timidité se guérit. Non pas à l’aide de médicaments miracles, mais à force de prise de conscience à différents niveaux, à force d’humilité et surtout à force de pratique, comme vous pourrez le constater dans ce dossier.

De même qu’une longue abstinence accroît la joie du repas, un timide qui sort de l’ombre nous réserve de belles surprises. Car, fondamentalement, le timide est un ambitieux. Si ce dossier pouvait contribuer à ranimer chez certains un élan de vie et une force constructive, nous en serions pleinement heureux.

Lisez la suite de ce dossier :

 

Isabelle et Jean-Marc Hardy

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Commentaire(s)

  1. Très pertinent votre article. Car cela m’a permis de prendre conscience d’un certain nombre de situations auxquelles je suis de temps en temps confronté par rapport à la timidité qui m’empeche depuis tant d’années de grandir mentalement, intellectuellement et socialement.

    Commentaire by Olivier Maxime — 24 septembre 2015 @ 11:15

  2. Je me suis reconnu tout de suite en lisant cet article, j’espère voir cet élan de vie réanimé en parcourant ce site…

    Commentaire by Yan Scintu — 1 novembre 2015 @ 1:35

  3. Je fais partie de ces personnes qui sont trop timides. On sait ce qu’on doit faire et comment on doit si prendre mais on n’ose pas. Le problème est de sortir de sa carapace, de se dévoiler. On préfère tout garder en nous et après, on peine à se confier. Quand on est habituer à être comme ça et qu’on veut montrer qui on est, quelque chose nous bloque.Comment peut-on faire pour se dévoiler ? C’est très difficile pour nous.

    Commentaire by Ludivine — 7 novembre 2015 @ 2:05

  4. C’est comme si cet article parlait de moi, j’arrive pas à vivre une vie normale, je m’en veux vraiment.

    Commentaire by Ly — 1 janvier 2016 @ 11:09

  5. Bonjour à tous, je viens de « sortir » de cette timidité extrême à la fin de l’adolescence. J’étais exactement dans cette situation je n’osais prendre la parole avec personne pas même avec ma famille ce qui m’a petit à petit isoler et mis en marge de la société.
    Aujourd’hui je suis beaucoup plus à l’aise tant avec des amis ou même des inconnus et je semble revivre.
    J’espère que les personnes qui ont consulté ce site réussiront à surmonter cette période difficile.

    Commentaire by Dfdn — 4 février 2016 @ 1:24

  6. Merci pour votre témoignage encourageant. La plupart des personnes qui s’expriment sur ce site partagent, c’est compréhensible, leurs difficultés. Il est bon d’entendre aussi que certaines personnes surmontent leur blocage. C’est d’ailleurs parce que nous croyons à la « guérison » que nous avons créé ce site 😉

    Commentaire by Jean-Marc Hardy — 4 février 2016 @ 1:53

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