Une psychothérapie peut-elle m’aider ?

Il n’est pas facile d’avouer ses faiblesses. Notre amour propre ou notre éducation nous dictent de rester stoïques. Pour un timide en particulier, demander conseil ou prendre la décision de se faire aider n’est pas une démarche aisée. Résultat : de nombreuses personnes consultent un peu tard, lorsque la situation est déjà bien enlisée, les réflexes d’évitement, bien ancrés, et les pensées angoissantes, abondamment nourries.

Il ne faut ni dramatiser le recours à un psy, ni se jeter aveuglément dans ses bras. Un professionnel du développement personnel pourra véritablement vous aider à rebâtir votre confiance. Il n’est pas forcément nécessaire de rester des années allongé sur un divan. Quelques séances suffiront, dans certains cas, à débloquer une situation.

Sur le site Doctissimo, vous trouverez un dossier intitulé « Choisir son psy ». Ce dossier vous aidera à faire le tri entre différents titres (psychologue, psychiatre, psychotérapeute,…) et différentes approches thérapeutiques, mais aussi à détecter et éviter certains abus dans un domaine qui compte malheureusement quelques charlatans.

Les approches cognitives et comportementales ont prouvé leur efficacité dans le traitement de la timidité

Plusieurs études semblent démontrer que les thérapies cognitives et comportementales sont particulièrement efficaces pour combattre les phobies sociales ou la timidité enracinée. Ces thérapies se situent volontairement dans le « ici et maintenant ». Elles visent des objectifs concrets et mesurables, explicités dès le départ dans le « contrat thérapeutique » établi de commun accord entre le psychotérapeute et son patient. Ces approches ont une durée limitée dans le temps (quelques semaines ou quelques mois ; entre 3 et 30 séances).

« Des études contrôlées montrent que les thérapies assertives améliorent significativement les patients souffrant de phobie sociale. A court et long terme. (Heimberg et coll., 1986 ; Lucok et Salkovskis, 1988 ; Mattick et coll., 1989) »Gisèle George

Les thérapies cognitives et comportementales ne visent pas à modifier en profondeur l’ensemble d’une personnalité à travers une cure longue et contraignante. Elles ont pour but de modifier un comportement qui gâche la vie de la personne.

Certains ardents défenseurs de la psychanalyse argumenteront qu’on ne peut guérir une personne sans remonter à la source de son angoisse. Ou qu’en supprimant une angoisse, on ne fait en réalité que la déplacer, sans chercher à comprendre ce que cette angoisse veut nous « dire ». Leurs opposants rétorqueront que, contrairement aux thérapies cognitives et comportementales, la psychanalyse n’a pas réussi a prouvé de manière scientifique ses bienfaits envers les personnes souffrant de phobie sociale. Une chose est sûre, c’est que pour les timides qui, par définition, ont une propension à ressasser les problèmes et une difficulté à entrer dans l’action, le repli analytique n’est pas forcément l’approche la plus judicieuse. Certes, l’exploration de l’inconscient peut aider à débloquer certains noeuds. Mais l’aisance sociale ne se construit pas sur un divan. La compréhension du passé, les comportements au présent et les projections au futur méritent, selon moi, une part d’attention équilibrée.

Les ingrédients et les variantes d’une thérapie contre la timidité

Les psychotérapeutes qui s’attaquent à la phobie sociale s’appuieront sur un arsenal de mesures complémentaires :

  1. La relaxation
  2. La modification des pensées
  3. L’apprentissage de la communication
  4. L’exposition graduée

Si vous décidez d’entamer un travail pour vous-même, sans faire appel nécessairement à un professionnel, nous vous conseillons d’utiliser ces mêmes leviers.

Une thérapie n’est pas forcément individuelle. Les thérapies de groupe ont un intérêt tout particulier dans les cas de phobies sociales. Les professionnels qui les ont pratiquées en sont généralement très satisfaits. Les thérapies de groupe permettent de :

  • profiter de regards extérieurs ;
  • s’encourager mutuellement ;
  • effectuer des jeux de rôles ;
  • ne pas éterniser la thérapie (à durée généralement limitée) ;
  • faire preuve d’empathie ;
  • réaliser qu’on n’est pas le seul à souffrir du problème ;
  • imiter ceux qui s’en sortent ;
  • porter son attention sur l’autre (chose que les timides ont du mal à faire naturellement).

D’autres thérapies existent, dont les variantes se multiplient : hypnose, autohypnose, autosuggestion graphique, visualisations, luminothérapie, psychogénéalogie, psychochirurgie,… Autant le dire tout de suite, certaines ont moins bonne presse. Mais il est bon de se rappeler que la psychologie ou la neurologie sont des sciences fort récentes, que leur champ d’exploration est encore infini et que les écrits du Docteur Freud ne constituent certainement pas un point d’arrêt.

D’autres approches, comme la sophrologie, s’intéressent davantage à la dimension corporelle, très présente dans la timidité. Inspirée des techniques orientales de méditation, du yoga et de la relaxation occidentale, la sophrologie développe la conscience de façon à harmoniser le corps et l’esprit, en chassant peurs, angoisses et tensions, notamment la peur des autres. Certaines personnes peuvent estimer avoir progressé sur le plan psychologique mais continuer de sentir tout une série de bloquages sur le plan physique : les épaules rentrées, le regard fuyant, les mains qui transpirent, les joues qui tremblent, la respiration qui s’emballe. La sophrologie peut aider à prendre conscience de ces bloquages et à les dénouer.

Chers lecteurs, vos témoignages sincères à propos des bienfaits ou méfaits de l’une ou l’autre forme de thérapie en matière de phobie sociale nous intéressent. N’hésitez pas à nous écrire.

Pour en savoir plus

ANDRÉ Christophe, La timidité, Que sais-je ?, Presses Universitaires de France, Paris, 1997, pp. 90-94.

GEORGE Gisèle et VÉRA Luis, Soigner la timidité chez l’enfant et l’adolescent – Approche comportementale et cognitive, DUNOD, Paris, 1999.

MACQUERON Gérard et ROY Stéphane, La timidité — Comment la surmonter, Odile Jacob, Paris, 2004, pp. 95-98 ; 241-244.

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Ou consultez le sommaire de ce dossier.

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