Le mécanisme psychique de la timidité

La timidité peut être décrite comme la crainte de ne pas faire bonne figure. Le sujet se sent menacé par le regard de l’autre, et démuni face à lui.

« Rien n’empêche tant d’être naturel que l’envie de le paraître. »La Rochefoucauld

Lazarus et Folkman parlent de la « double évaluation » :

  1. Évaluation de la situation
  2. Évaluation de notre capacité à faire face à cette situation

Le timide aura tendance à surestimer la performance exigée par la situation et, dans le même temps, à sous-estimer ses capacités à y faire face.

Par exemple, face à quelqu’un du sexe opposé, le sujet timide se mettra inconsciemment beaucoup de pression : « Si je ne lui fais pas tout de suite une fascinante impression, il/elle me cataloguera irrémédiablement comme quelqu’un d’insignifiant. »

Les ingrédients de l’intimidation

La peur des autres n’explique pas à elle seule le fait d’être intimidé.

En réalité, l’intimidation est une émotion résultant de la combinaison de la crainte de l’autre et de l’envie de lui plaire, le tout associé à un manque de confiance.

Timidité : mécanisme et ingrédients

L’intimidation s’exprime à plusieurs niveaux.

Symptômes physiques : tremblements, rougeur, pâleur, sueur, respiration coupée, troubles de l’attention, etc.

Cognitions : focalisation sur soi, anticipation anxieuse, auto-dévalorisation, pensée en tout ou rien, etc.

Comportements : inhibition, retrait, fuite, froideur, rudesse, panique, etc.

Le cercle vicieux de la timidité

Le problème est que la fuite ou le repli ne résolvent rien. Bien au contraire. Le schéma ci-dessous vous indique la manière dont les évitements provoqués par la timidité risquent de vous entraîner insidieusement dans un processus aggravant.

Le cercle vicieux de la timidité

Le fait de se dérober augmente la sensation d’une performance sociale décevante. L’estime de soi en ressort diminuée. Le sujet ne se donne pas les chances de s’améliorer. La situation évitée conserve, plus que jamais, son potentiel angoissant. C’est ainsi que, d’évitement en évitement, la timidité s’installe et se consolide.

La seule manière d’enrayer le phénomène est de dépasser son angoisse et d’accepter de s’exposer à nouveau progressivement. L’influence intimidante d’une personne ou d’une situation s’émousse avec la familiarité. Le schéma ci-dessous indique la diminution progressive de l’angoisse lors de séances d’exposition répétées.

L'exposition progressive permet de diminuer la timidité

Graphique inspiré de l’ouvrage La peur des autres, de Christophe André et Patrick Légeron 

Lors de chaque exposition à une situation anxiogène, on observe :

  1. Dans un premier temps, une forte montée d’anxiété
  2. Ensuite, une stabilisation de l’angoisse
  3. Enfin, une dissipation de l’angoisse

L’exposition répétée, lorsqu’elle est associée à un travail sur les plans cognitifs et émotionnels, amène une diminution de l’anxiété.

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Commentaire(s)

  1. Tout ce que vous écrivez ici est en train de m’arriver. En effet depuis 2 ou 3 mois, un garçon m’a avouée ses sentiments et ça m’a profondément touché surtout que c’est la première fois que ça m’arrive. On apprend encore à mieux se connaître et j’avoue que c’est un très gentil garçon qui est très attentionné… je crois. En tout cas je n’ai jamais eu autant d’attention de toute ma vie. Il me fait souvent sourire… et rougir. Et il m’intimide beaucoup, bon maintenant je dirais que je commence à me sentir un peu plus à l’aise qu’au début et… en fait ça dépend de ce qu’il fait… En tout cas je n’ai jamais fait autant d’effet à un garçon de toute ma vie. Bref je sais que vous n’êtes pas spécialiste en la matière, enfin je crois, mais il m’a demandé de sortir avec lui et je ne sais pas quoi faire, c’est la première fois que ça m’arrive et je ne sais pas ce que je ressens pour lui. Vous pouvez peut-être m’aider à savoir ce que je ressens? Dans tous les cas, quelle que soit votre réponse, je vous remercie d’avance.

    Commentaire by Ludivine — 7 novembre 2015 @ 4:52

  2. Bonjour Ludivine,
    Laisse toi aller et profite du moment présent
    La clé c’est de ne pas se prendre la tête tu n’as rien à perdre bien au contraire

    Commentaire by Gilliane — 15 novembre 2016 @ 3:25

  3. Bonjour,
    Il y a une question qui me titille les méninges depuis bien longtemps. Je m’excuse par avance d’apparaître si arrogante.
    Voilà, je me sais très timide, bien que dire (et même écrire) ce mot même me dégoûte et me rend honteuse, je sais également qu’une fois que l’on me côtoie longtemps mes « réactions » de timide s’estompent. C’est assez étrange, puisqu’intérieurement je reste aussi dans le contrôle de tous éventuels écarts qui pourraient me donner une mauvaise image ou me valoir des jugements durs à supporter. Je pense juste haïr le fait de perdre contrôle de moi-même et savoir que je suis si impressionnable derrière ce que je voudrais montrer. Mais voilà ma question est la suivante (désolée de faire de si longues phrases pour n’arriver qu’à ce point) pensez-vous que la méfiance soit un signe de timidité ? J’ai beau vouloir faire paraître le contraire je n’ai aucune confiance en moi, et j’en éprouve encore moins envers les autres, j’ai besoin de tout savoir d’eux, de connaître la moindre des réactions que je pourrais susciter chez eux en faisant/ou disant telle ou telle chose. Je n’arrive pas à laisser ne serait-ce entrevoir qui je suis dans le fond. Il va sans dire qu’il s’agit de méfiance. Je voudrais savoir si cela est lié à la timidité ou bien s’il s’agit d’autre chose.
    Je m’excuse d’avance pour cette question décidément bien étrange, j’espère ne pas déranger.
    Bonne journée.

    Commentaire by Lou — 9 août 2017 @ 7:34

  4. @ Lou: Tout d’abord, vous ne dérangez aucunement. Et le fait de prendre le temps d’exposer les choses est, au contraire, un « plus », tant il est vrai qu’il existe d’infinies variantes de la timidité. Votre question sur le lien entre « méfiance » et timidité est excellente. De même que mettre en parallèle la confiance que vous avez en vous, et celle que vous avez dans les autres. La notion d’excès de contrôle de soi (et son équivalent positif, le « lâcher-prise ») est aussi au coeur de votre propos. En résumé, ce que vous dites est tellement riche qu’il me sera difficile d’y répondre en deux lignes. Mais votre question inspirera peut-être un prochain article sur ce site. Merci encore.

    Commentaire by Jean-Marc Hardy — 31 août 2017 @ 5:13

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