Vous repensez sans cesse à vos maladresses après une conversation, une réunion ou une rencontre ? Dans cette vidéo, je vous présente un exercice simple et très efficace que j’utilise régulièrement en coaching : le REPLAY.
🎬
Retranscription de la vidéo
Remarque : ce texte a été extrait de la vidéo sans être retravaillé dans la forme. Il est fourni à titre d’alternative pour les personnes qui désirent balayer rapidement le contenu. Nous conseillons, si possible, de privilégier le visionnement de la vidéo.
S’il vous arrive souvent de vous sentir mal à l’aise parmi les autres et que vous n’aimez pas votre comportement parce que vous vous trouvez maladroit ou peut-être un peu trop coincé, alors restez avec moi parce que, dans cette vidéo, je vais vous parler d’un exercice très efficace, que j’aime beaucoup proposer en coaching, et qui va complètement changer votre rapport à la timidité.
Cet exercice va vous empêcher chaque fois que vous êtes déçu de vous-même de vous laisser aller à la rumination ou de vous sentir victime de vos accès de timidité. À l’inverse de la victimisation, je vous propose de reprendre les choses en main, de reprendre les commandes de la personne que vous êtes, grâce à cette technique que j’appelle le « replay ».
Il est vrai que la timidité peut s’installer avec le temps. Elle peut finir par nous coller à la peau comme une seconde nature, comme un intru, quelqu’un qu’on n’a pas envie de voir, mais qui nous suit partout.
Ce sont rarement des gens de 20 ans qui viennent me solliciter pour une séance de coaching. La plupart du temps, ce sont des personnes de 30, 40 ou 50 ans qui ont perdu l’illusion que la timidité s’évapore gentiment avec le temps. Ces personnes sont parfaitement conscientes que si elles ne font rien, les choses vont perdurer.
Voici typiquement ce qu’on me confie lors de la première séance : « J’ai l’impression d’avoir toujours été timide. Peut-être bien que, vers mes 20 ans, j’ai pris un peu confiance lorsque j’ai rencontré mon compagnon ou lorsqu’on m’a proposé un travail intéressant. Mais ensuite, la timidité est revenue et j’ai même parfois l’impression qu’elle s’aggrave. Dernièrement, j’ai vécu une ou deux interactions qu’on pourrait considérer comme des situations tout à fait banales, mais où j’ai pratiquement perdu tous mes moyens. Ça devient insupportable. Il faut vraiment que je fasse quelque chose.
Pourquoi en est-il ainsi ? Pourquoi la timidité s’installe et ne disparaît pas avec le temps ? En fait, c’est parce que la timidité est un mécanisme mental qui a tendance à s’autoalimenter.
La timidité va se nourrir de nos ruminations. On ressasse, on ressasse. On se souvient du dernier épisode où nous nous sommes retrouvés malmenés, incommodés. La dernière fois où nous avons, une fois de plus, pataugé dans notre timidité. On se souvient de cette personne qu’on a croisée dans un magasin et qui nous a fait rougir. On se souvient de ce tour de table où nous avons dû nous présenter et de la fébrilité avec laquelle nous avons tenté d’expédier quelques mots. On se souvient de ce dîner où nous n’avons rien dit, presque rien, où nous rêvions de fuir, où le temps était long. On se souvient des autres, de ceux qui ont blagué avec facilité pendant que nous luttions contre tous nos dragons. On ressasse. On plonge dans les méandres honteux de notre marasme.
Il est là le cercle vicieux de la timidité. Il est dans ce ressassement. Nous avons vécu une situation intimidante. Nos réactions nous ont semblé maladroites et nous revivons la scène en boucle en nous dévalorisant : « Mon Dieu que j’ai été nul ! ». Nous ressortons dès lors de cette expérience avec une perte de confiance.
Et que se passera-t-il la fois suivante, étant donné la faible image que nous aurons forgée de nous-mêmes ? Et bien nous serons encore plus intimidables, nos attitudes seront encore plus troublées, nos résultats seront forcément décevants et nous nous dévaloriserons encore et encore. Notre confiance n’aura de cesse de s’égratiner. Tel est le cercle vicieux de la timidité. Et c’est précisément ce cercle vicieux que je vous propose de briser grâce à l’exercice du replay !
Quitte à ressasser la scène qui nous a inconforté, autant le faire de manière constructive. Donc on va faire REWIND. On va revenir au souvenir de la scène où nous n’avons pas été glorieux. Mais cette fois-ci, nous allons le faire consciemment, volontairement et de manière positive. Vous allez revenir à la scène en question et vous allez vous demander cette fois : Qu’est-ce que j’aurais pu faire de mieux ? Qu’est-ce que j’aurais pu répondre ? Quelle attitude, quelle réplique j’aurais pu avoir qui aurait été préférable ? Et là, je vous demande de prendre toutes vos responsabilités ! C’est à VOUS de savoir ce que vous voulez. Maintenant que vous n’êtes plus dans le stress du regard de l’autre, faites ce replay et construisez une meilleure version de la scène. C’est votre devoir de faire travailler votre imagination et de définir ce que vous souhaitez exactement. Personne ne pourra le faire à votre place.
Prenons un exemple. Il y a quelques jours, vous avez croisé Monsieur Martin qui vous a impressionné. Monsieur Martin est un supérieur hiérarchique ou une personne qui a un peu de notoriété dans votre région ou simplement quelqu’un qui vous impressionne par son tempérament. Et lorsque vous lui avez donné la main, vous vous êtes trouvé très hésitant et fort maladroit. Vous avez l’impression d’être devenu rouge écarlate et, depuis, la scène vous revient et vous fait honte.
Le rougissement, c’est l’émotion, c’est quelque chose que vous ne pouvez pas vraiment contrôler. Mais votre attitude, vous pouvez parfaitement la contrôler. Alors, qu’est-ce que vous auriez souhaité à la place de cette attitude hésitante que vous aviez eu l’autre jour avec monsieur Martin ?
Avec un peu de réflexion, vous vous direz peut-être que vous auriez aimé avoir une poignée de main bien ferme, regarder la personne dans les yeux et dire clairement « Bonjour, monsieur Martin ! » Cette attitude vous aurait paru adaptée. Et bien voilà, c’est ça le replay. Vous revivez la scène, mais cette fois-ci en la corrigeant et en imaginant une réaction plus appropriée.
Alors, vous allez me dire : à quoi ça sert puisque la scène est passée, le mal est fait ? À quoi bon corriger étant donné qu’il est trop tard ? Mais en réalité, il y a un énorme avantage à faire cet exercice parce qu’au lieu de vous morfondre dans ce que vous avez fait, vous allez vous élever ce que vous aimeriez faire, la prochaine fois, dans une situation similaire. Vous êtes alors dans une logique de progression, d’amélioration, et non plus de déception et de victimisation.
Mais tout cela va même encore plus loin parce que les neurosciences ont fort bien démontré ces dernières années que notre cerveau ne fait pas la différence entre une scène réellement vécue et une scène imaginée. En tout cas, lorsque vous prenez le soin de bien vous impliquer dans votre visualisation.
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que lorsque vous aurez effectué votre replay, que vous aurez défini ce que vous souhaitez, vous allez effectuer une visualisation. Vous allez fermer les yeux et vous allez revivre la scène. Donc il s’agit bien de la scène corrigée, de la version souhaitée, et non de la scène passée qui était frustrante. Vous allez faire cette visualisation au moins trois fois, de préférence 3 jours consécutifs. Donc ça va vous prendre 3 x 5 minutes. Et ce qui va se produire, je vous le garantis, c’est que la scène corrigée va petit à petit écraser le souvenir déshonorant. Alors, bien sûr, ce n’est pas de la naïveté. Vous et moi savons pertinemment bien quelle est la scène réelle et quelle est la scène retravaillée. Mais pour notre cerveau, comme je vous le disais, ça n’a aucune importance. Notre imagination est très puissante et elle est capable d’écraser un souvenir même traumatique. En tout cas, l’idée est de mobiliser vos ressources mentales vers ce que vous souhaitez et non plus vers ce qui vous a frustré. Il s’agit d’un mindset orienté vers la solution et non plus vers le problème. Et cela, ça change tout ! Parce que souvenez-vous que la timidité, elle est avant tout dans notre tête.
Avec cet exercice, vous allez reprendre de la puissance sur vous-même en vous accordant ce droit à revoir votre copie. Nous ne sommes pas parfaits, mais c’est notre devoir de faire en sorte de nous améliorer. La prochaine fois que vous croiserez monsieur Martin, votre attitude sera peut-être encore un petit peu hésitante. Votre voix sera peut-être encore un peu tremblante en raison du stress qui sera encore un peu présent. Mais une chose est sûre, vous verrez beaucoup plus clair sur ce que vous souhaitez et vous ne serez plus dans le flou.
Vous pouvez faire ce même exercice pour d’innombrables situations. Prenons l’exemple du tour de table où j’ai balbutié lorsque ça a été à mon tour de me présenter. Ma frustration va me guider vers la solution et ça va probablement exiger de moi un peu de travail en arrière-plan. Je vais me demander : la prochaine fois que je dois me présenter, qu’est-ce que je vais choisir de dire sur moi ? Comment je vais aborder les choses ? Le fait d’y réfléchir va me permettre d’apporter des réponses qui vont être de véritables balises la prochaine fois que je me retrouverai sous les feux des projecteurs. Peut-être que l’émotion sera encore un peu présente, mais au moins je saurai quoi dire. et avec un peu d’entraînement, ce type de situation cessera de me déstabiliser.
Alors, je résume l’exercice du replay afin que vous puissiez le faire vous-même.
Tout d’abord, vous allez identifier une situation où vous avez été bousculé, une situation où vous vous êtes senti à côté de la plaque.
Demandez-vous ensuite ce qui vous a frustré. Écartez l’émotion elle-même et concentrez-vous uniquement sur votre attitude. Qu’est-ce qui vous a frustré dans votre attitude ? Comme dans l’histoire de la poignée de main tout à l’heure.
Faites travailler maintenant votre imagination pour créer une meilleure version de la scène. Soyez précis, soyez concret. Quelle attitude, quel comportement aimeriez-vous avoir dans ce type de situation ?
Ensuite, vous allez visualiser la scène corrigée au moins trois fois à raison d’une fois par jour en veillant à ce que votre imagination se précise à chaque fois.
Et, enfin, ce que vous pouvez faire aussi, c’est résumer votre travail à travers une phrase du type : « La prochaine fois que je vis telle situation, j’aurai telle attitude. » Vous allez ainsi marquer votre intention pour le futur.
C’est OK pour vous ? Si vous jouez le jeu de cet exercice et que vous rencontrez peut-être quelques difficultés, n’hésitez pas à me poser vos questions en commentaire de cette vidéo. Alors, c’est sûr, en coaching, c’est toujours un peu plus facile parce que vous êtes accompagné et puis, en arrière-plan, on peut travailler nos croyances et nos émotions. J’ai aussi des techniques un peu plus précises pour solliciter l’imagination d’une manière qui impacte fortement le cerveau. Mais je tenais vraiment à partager cet exercice avec vous aujourd’hui parce que je pense que pour des situations simples et concrètes, il va pouvoir vous être très utile. Merci de m’avoir écouté jusqu’au bout. C’est que vous êtes motivé, c’est un signe très encourageant. Pratiquez le replay et je vous dis à très bientôt.

Le kit de survie du timide





Votre commentaire