Et si la timidité était… un cadeau ?

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Il y a quelques années, si on m’avait dit que la timidité était un cadeau, je pense que j’aurais ouvert de grands yeux. Puis, je me serais dit : « La timidité, un cadeau ? Vous vous moquez de moi ??? ».

Non, c’est vrai, parce que quand vous vivez avec cette timidité au jour le jour, c’est très inconfortable. La timidité, elle me pourrissait la vie. J’aurais payé très cher pour m’en débarrasser !
Je peux vous donner quelques exemples. Il m’arrivait d’aller dans des dîners où j’étais tellement paralysé que je ne parvenais même plus à lever ma cuillère pour la porter jusqu’à ma bouche. Je pouvais mettre une ou deux heures pour me résoudre à passer un simple coup de téléphone. Donc j’étais très timide. C’est avec le temps, avec le recul, que je me suis rendu compte que ma timidité a été un formidable cadeau !

Le théâtre mental

Alors, j’aimerais vous poser une question. Pensez aux situations qui vous intimident : une soirée, parmi les gens, une réunion de travail, un rendez-vous amoureux. Qu’est-ce qui se passe dans votre tête? Qu’est-ce que vous vous dites? Même anticipativement, avant d’aller à un rendez-vous que vous appréhendez, quelles sont vos pensées ? Il se peut que vous ayez dans la tête différentes petites voix. C’est ce qu’on appelle le théâtre mental. Chez les personnes timides, le théâtre mental prend beaucoup de place !

Je vous donne un exemple. Vous êtes invité(e) à une soirée. Alors, il y a une petite voix en vous qui
se dit : « Génial, chouette, c’est sympa qu’on m’ait invité ! Yes!!! Je vais répondre oui à cette invitation ! ».

Et puis, il y a une autre petite voix, qui dit : « Attends, attends, parce que si tu acceptes cette invitation, il va falloir assurer, mon vieux ! Tu te souviens la dernière fois ? Tu n’étais pas très loquace. Tu n’es pas à l’aise dans les discussions. Et puis, est-ce que tu as des vêtements adaptés pour aller à cette soirée ? Alors, réfléchis à deux fois avant d’accepter ! »

L’envie et la peur, ce cocktail du timide

Vous voyez, on a plusieurs petites voix en nous.

Il y a l’envie et il y a la peur. C’est exactement ça la timidité : être tiraillé entre l’envie d’être avec les autres et la peur d’être avec les autres.

Il y a quelque temps, j’ai lu un bouquin que je trouve très intéressant sur l’analyse transactionnelle. L’analyse transactionnelle nous offre des modèles pour comprendre les relations humaines, mais aussi identifier les petites voix à l’intérieur de nous.

Nous allons partir à la rencontre de trois personnages inspirés par l’analyse transactionnelle. Ils sont très caractéristiques du théâtre mental qui se joue chez la personne timide. Ces trois personnages, ce sont le parent castrateur, l’enfant docile et l’enfant libre.

Le parent castrateur

Le parent castrateur, comme son nom l’indique, est une figure d’autorité, non pas douce et bienveillante, mais plutôt contraignante, voire même cassante. C’est cette petite voix qui nous vient de nos parents, de nos enseignants, de nos éducateurs un peu sévères, d’un grand frère très dur avec nous, d’un patron qui nous met la pression.

Le parent castrateur, c’est cette petite voix qui nous dit :

– « Tu n’y arriveras jamais ! »
– « Mais qu’est-ce que tu es maladroit ! »
– « Tu as intérêt à ne pas me décevoir ! »
– « Qu’est-ce que les gens vont penser de toi ? »
– « Tu es fier de toi ? »
– « Fais attention à ce que tu dis, ne nous fait pas honte ! »
– « Arrête de faire le clown ! »
– « Tiens-toi bien ! »
– « Mais, bon sang, tu as vu de quoi tu as l’air ! »

Le parent castrateur est présent chez beaucoup de timides. C’est lui qui nous met la pression, c’est lui qui nous tétanise, c’est lui qui nous empêche d’être spontané.

L’enfant docile

Le parent castrateur génère en nous une autre petite voix, celle de l’enfant docile ! L’enfant docile parle en vous lorsque vous vous dites :

– « Il faut que je fasse bonne impression »
– « Je dois tout faire pour plaire aux gens »
– « Il faut que je me comporte comme les gens s’attendent à ce que je me comporte »
– « Je dois être parfait, faire des efforts »
– « Je dois être à la hauteur de ce qu’on attend de moi »
– « Il faut que je sois gentil »
– « Je ne dois rien faire qui puisse heurter les autres »
– « Je ne dois pas déranger »

Vous avez remarqué que quasiment toutes ces injonctions commencent par « Il faut » ou « Je dois ». « Il faux » ou « Je doigt » (avec le geste du doigt d’honneur) 🙂 … C’est une formatrice à l’INA qui nous a enseigné ce petit geste libérateur, pour indiquer qu’on a affaire là à des injonctions très castratrices. En tant qu’adulte, vous pouvez décider de vous en débarrasser.

Les messages contraignants

Car même un adulte de 50 ou 60 ans peut, au niveau mental, être encore très fort dans son enfant docile, s’il continue de vivre sur des messages contraignants, qui lui viennent de l’extérieur, de son éducation, parfois trente ans plus tôt.

Je ne suis pas en train de vous dire, bien sûr, que tous les messages de vos parents ou de vos éducateurs sont à jeter à la poubelle ! Mais en tant qu’adulte, vous avez la liberté de les reconsidérer et de ne garder que ce qui est bon pour vous.

Par exemple, vous pouvez vous dire : « Mais non, je ne veux plus systématiquement être gentil, je veux avant tout être vrai ! (pour faire allusion au best-seller de Thomas d’amsembourg)

Et par rapport à la timidité, c’est super important, car comment voulez-vous sentir à l’aise quand il y a une petite voix en vous qui vous dit d’être gentil, de la mettre en veilleuse, de vous tenir à carreau… et une autre petite voix qui crie : « Mais non, moi je ne suis pas d’accord, je sens les choses autrement ! Moi, j’aime bien manger le poulet avec les doigts, ça me donne une sensation de plaisir, j’ai envie de m’autoriser ça !

L’enfant libre

Cette petite voix qui vous parle, c’est la voix de l’enfant libre, que j’aime aussi appeler l’enfant sauvage. L’enfant sauvage, c’est cette petite voix qui vous dit :

– « J’ai envie de raconter une blague ! »
– « J’ai envie de l’embrasser ! »
– « J’ai envie de manger mon poulet avec les doigts ! »
– « J’ai besoin d’exprimer une colère ! »
– « J’ai envie de jouer, d’explorer ! »
– « J’ai envie de vivre dans une cabane dans les arbres ! »

L’enfant libre, ce sont vos tripes qui parlent. Mais voilà le parent castrateur qui revient à la charge :

– « Tiens-toi bien ! »
– « Sois raisonnable ! »
– « Tu es ridicule ! »
– « Reste tranquille ! »
– « Arrête de te faire remarquer ! »
– « Tu vas t’attirer des ennuis ! »
– « On ne fait plus ça à ton âge ! »

Et c’est ainsi que l’enfant libre, cette partie la plus vivante de nous, on le brime, on l’enferme au placard, on l’enterre à dix pieds sous terre et on cultive un petit gazon au-dessus, avec un petit étang, pour faire bien. Mais, à l’intérieur, ça hurle, ça crie ! Et c’est là que votre timidité revient ! Elle est là pour vous aider. Elle est là pour dire que vous vous oubliez. Elle est là pour vous rappeler que vous avez enfermé vivant votre enfant sauvage !

La timidité veut vous délivrer

Retenez bien ceci, c’est la chose la plus importante à comprendre si vous êtes timide. Votre timidité n’est pas un dragon qui joue contre vous. Votre timidité est un prince charmant qui vient vous réveiller, qui vient vous sortir de votre sommeil.

Et tant que vous n’entendez pas ce message qui vous invite à vous écouter. A vous écouter, et non pas à être ce qu’on attend de vous. Tant que vous n’entendez pas ce message, votre timidité va rester présente. Elle va hurler de plus en plus fort.

Un moment, c’est vrai, elle risque de s’épuiser. Et si vous êtes resté sourd à ce hurlement que contient la timidité, vous risquez de vous transformer en mort vivant. Et là est le plus grand danger et la plus grande tristesse : poursuivre votre vie déconnecté(e) de vous même. Jusqu’à perdre sens, jusqu’à vous remplir de biens matériels dont vous ne serez jamais rassasié(e).

En fait, ce que je veux vous dire, c’est que la timidité est un immense cadeau ! Imaginez-la comme un prince charmant sur son cheval blanc, qui arrive avec un grand parchemin, scellé en votre nom personnel. Un parchemin que vous ouvrez et sur lequel il est écrit :

Connais-toi toi-même ! Ecoute-toi, écoute qui tu es vraiment et non pas qui on t’a demandé d’être. Sois rempli de gratitude pour tes parents et pour les hommes qui ont construit la société dans laquelle tu vis, mais rends-leur ce qui ne te convient pas. Dépose les valises qui ne t’appartiennent pas, et pars à la rencontre de toi même !

Votre timidité va péter comme un ballon

Si vous faites cela, si vous allez vers qui vous êtes vraiment, je vous le garantis, votre timidité va péter comme un ballon ! Comme un crapaud qui, d’un coup de baguette magique se métamorphose en qui il était censé devenir. Vous pensez que les contes de fées sont juste des histoires pour endormir les enfants ? Les contes de fée nous donnent les clés de notre vie intérieure.

Alors, si ce que je vous dis sonne juste à l’intérieur de vous, la prochaine fois que la timidité vous assaille et qu’elle vous fait trembler comme un dragon, rappelez-vous qu’elle est un prince charmant. Rappelez-vous qu’elle veut juste vous dire : Sois toi-même ! Et non pas ce que tu penses
que les autres veulent que tu sois. Sois toi-même !

C’est cela le formidable cadeau que vous fait la timidité. En vous plaçant dans l’inconfort, elle vous rappelle qu’il est l’heure de vous mettre en chemin vers ce que vous voulez devenir.

Je vous envoie mes plus belles intentions et je vous dis à très bientôt !

Jean-Marc

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