Si nous n’avions que la peur, ce serait simple. Le problème survient lorsque nous avons honte d’avoir peur. Là, les choses se compliquent. Car nous considérons la peur comme un messager irrecevable. Ce qui nous empêche de dialoguer avec elle et d’éventuellement la recadrer.
Je voudrais vous parler de ce qu’on appelle les émotions dites « secondaires » et en quoi elles peuvent vous piéger. Chacun et chacune d’entre nous peut ressentir des peurs à certains moments, mais certaines personnes vont ressentir une émotion sur l’émotion. Par exemple, ressentir de la honte d’avoir peur. C’est le cas de nombreuses personnes timides et vous allez voir que c’est un vrai problème parce que cela nous empêche de véritablement travailler efficacement sur nos peurs.
S’il n’y avait que la peur, ce serait simple le problème survient lorsque nous ressentons la honte d’avoir peur… ou la peur d’avoir peur… ou encore lorsque nous sommes tristes d’avoir peur. C’est ce qu’on appelle une émotion secondaire. L’émotion secondaire va venir se greffer sur l’émotion première.
Dans le cas de la timidité, l’émotion première, c’est la peur : la peur des autres, la peur de s’exprimer et de paraître inintéressant, la peur d’être mal reçu. L’émotion secondaire va venir se greffer sur l’émotion première et elle constitue en quelque sorte un jugement que nous allons porter sur notre émotion : j’ai peur et je trouve cela honteux. Et là, les choses deviennent beaucoup plus compliquées parce que je n’accepte pas l’idée d’avoir peur. Je trouve qu’avoir peur est quelque chose d’anormal et donc je ne vais même pas prendre le temps de m’intéresser au contenu de ma peur. Je la juge simplement irrecevable.
Dans mes coachings, je tombe souvent sur des émotions secondaires. En creusant les choses, en explorant ce qu’il y a dans la tête de la personne, je me rends compte que la personne s’en veut d’avoir peur. Et, dans certains cas, la honte devient presque plus forte que la peur elle-même !
La honte d’avoir peur peut ensuite être teintée de tristesse ou de colère, cela va dépendre de la coloration de votre jugement. Si, par exemple, vous partez dans la colère, votre petite voix intérieure peut vous dire des choses telles que : « Mais regarde, tu es nul, tu n’as rien à dire, les autres rigolent et toi tu es là comme un piquet, tu n’es pas capable d’aligner deux mots… ». Vous vous parlez durement. La honte face à la peur que vous ressentez se transforme en colère envers vous-même.
Maintenant la honte d’avoir peur va parfois s’accompagner d’une forme de tristesse, qui pourrait être associée à des pensées du genre : « Je me retrouve tout le temps dans cette situation, c’est décourageant, mais pourquoi bon Dieu je n’arrive à rien dire, les autres s’amusent et moi je n’y parviens pas… ». Dans ce cas-là, la honte d’avoir peur s’entoure d’une forme de déprime, de tristesse. Si cette tristesse devient chronique, si nous la ressentons souvent, nous pouvons tomber dans une forme de dépression.
Et comme la honte n’est pas quelque chose d’agréable à ressentir, vous pouvez aussi avoir peur d’avoir à nouveau honte d’avoir peur. C’est quelque chose qui arrive très souvent chez les personnes timides.
Alors on résume : d’abord vous avez la peur la peur de l’autre, la peur du regard de l’autre, la peur d’être jugé. Cette peur va générer une paralysie, un blanc, la difficulté à s’exprimer et, chez certaines personnes, la peur va générer un sentiment de honte. A son tour, la honte peut générer soit de la colère, soit de la tristesse, soit de la peur. De la colère d’avoir peur, de la tristesse d’avoir peur ou de la peur d’avoir à nouveau peur.
La colère va provoquer de la dévalorisation, de l’autodépréciation et, donc, une perte de confiance en soi. La tristesse va provoquer un découragement, une déprime, à terme peut-être une dépression. Quant à la peur, elle va générer la fuite, l’évitement et, en conséquence, un véritable appauvrissement de notre vie. Donc vous voyez que toutes ces émotions secondaires ne sont pas du tout souhaitables.
Maintenant, que pouvons-nous faire pour changer tout cela ? Vous avez le pouvoir de vraiment changer cette mécanique parce qu’autant l’émotion première, la peur, que vous ressentez parfois face aux autres, cette émotion première vous ne la contrôlez pas vraiment, autant l’émotion secondaire, la honte d’avoir peur, vous en êtes en réalité responsable ! C’est vous qui choisissez de juger honteux d’avoir peur, c’est vous qui prenez le fouet. Et si vous choisissiez plutôt de juger courageux le fait d’affronter votre peur ? C’est exactement ce qu’on fait en coaching : on affronte sa peur, mais on le fait tranquillement, de manière accompagnée. Et on le fait en dehors des situations stressantes et des situations redoutées. La peur, après tout, est naturelle. Elle est là pour nous protéger, pour nous alerter d’un éventuel danger. Donc ça vaut la peine de se questionner tranquillement sur le bien fondé, la justesse de nos peurs.
Le problème est que si vous jugez vos peurs anormales et honteuses, vous n’allez pas avoir tendance à faire ce travail. L’émotion secondaire peut vous pourrir la vie. L’année dernière, j’ai coaché une personne qui s’appelle Gabriella, une jeune dame de 28 ans qui se sentait honteuse d’être timide. Et je vous assure que lorsqu’elle est parvenue à enlever cette couche de honte d’avoir peur et qu’au contraire, elle a commencé à se sentir courageuse d’affronter sa peur, et bien tout a radicalement changé pour elle ! Aujourd’hui, Gabriella est une personne beaucoup plus confiante. Cela se ressent dans son travail et dans ses relations sociales.
Alors faites-moi une promesse : la prochaine fois que vous ressentirez de la peur, contentez-vous d’avoir peur et n’y ajoutez pas une couche ! N’ajoutez pas de la honte, vous vous sentirez déjà deux fois plus léger et vous pourrez être fier de vous parce que la capacité d’affronter sa peur, cela porte un nom : c’est le courage ! Et je suis sûr que vous pouvez trouver ce courage, je vous y… encourage !
Si jamais c’est trop difficile, vous pouvez toujours me contacter et demander un accompagnement. Surtout, gardez en mémoire le message de cette vidéo : c’est déjà dur d’avoir peur, alors ne rajoutons pas une couche, ne rajoutons pas la honte à la peur.


Le kit de survie du timide





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