5 systèmes parentaux sont passés au crible dans cette vidéo, qui peuvent générer la timidité de l’enfant :
- Les parents timides (timidité par contagion)
- Les parents castrateurs (l’enfant ne peut pas s’exprimer)
- Les parents idéalisateurs (l’enfant doit répondre à leur idéal)
- Les parents surprotecteurs (l’enfant n’a pas accès au social)
- Les parents absents (l’enfant n’a pas de répondant relationnel)
Est-ce que vos parents sont timides ?
Est-ce que vos parents sont sévères ?
Est-ce qu’ils ont tendance à vous surprotéger ?
Restent-ils tout le temps dans vos pattes même si vous êtes arrivé à l’âge adulte ?
Est-ce que vos parents vous ont donné la chance d’entrer vraiment en relation avec vous ?
Est-ce que vos parents écoutent vraiment vos besoins plutôt que les leurs ?
Je me permets de vous poser toutes ces questions de but en blanc parce que, dans cet article, nous allons analyser les systèmes parentaux susceptibles de générer de la timidité chez un enfant.
La timidité a différentes couleurs
Il n’y a pas « une » timidité, il y a des timidités ! J’aurais tendance à dire que la timidité a différentes couleurs. Et mieux vous allez identifier quelle est la nature vraiment spécifique de votre timidité, mieux vous comprendrez pourquoi vous avez petit à petit tissé cette timidité, mieux vous allez être armé pour la désamorcer, pour vous débarrasser de cette timidité.
Aujourd’hui, on va voir 5 systèmes éducatifs susceptibles de générer de la timidité. Mon but n’est absolument pas de dénigrer les parents. En général, les parents essayent de faire de leur mieux. Tout part souvent d’un bon sentiment. Et puis, un système éducatif a souvent aussi des avantages et des inconvénients. Donc, mon but n’est absolument pas de
pointer les mauvais systèmes éducatifs, mon but, c’est que vous puissiez comprendre quelles sont les situations clés, les contextes familiaux dans lesquels la timidité a des raisons
d’apparaître et de se développer.
Les parents timides
Le premier cas de figure, c’est le cas des parents qui sont eux-mêmes timides. Je ne vous apprends rien en vous disant qu’une grande partie de l’éducation se fait par mimétisme et, donc, c’est vrai que lorsque les parents sont timides, il y a des possibilités de contagion.
Les enfants font parfois ce que vous dites, ils font parfois ce que vous leur demandez de faire, mais beaucoup plus souvent, ils font ce que vous faites ! Ils se calquent sur ce que vous êtes. Vos enfants vont puiser dans vos comportements et dans vos émotions pour remplir leur propre répertoire émotionnel et comportemental.
Vous avez certainement déjà vu un parent qui hurle sur son enfant pour lui dire de se calmer. Ce n’est pas très cohérent, pas très crédible, mais c’est une situation qu’on rencontre quand même assez souvent. Dans le domaine de la timidité, c’est exactement la même chose : si vous dites à votre enfant d’aller jouer avec les autres enfants plutôt que de rester dans vos pattes, mais que tout en vous respire l’angoisse d’aller parler aux autres parents, ce n’est pas très crédible non plus.
C’est d’ailleurs une difficulté pour les parents timides. Quand on est parent timide, on n’a pas du tout envie de transmettre à son enfant cette timidité, qui est quelque chose d’assez frustrant et désagréable. La meilleure solution pour le parent timide, c’est clairement de travailler sa propre confiance !
Donc quand les parents sont timides, il y a effectivement pas mal de chances qu’il y ait un effet de contagion de la timidité du parent à l’enfant. L’émotion de la peur, c’est quelque chose de très contagieux. Il ne s’agit pas d’une transmission génétique. Si vous avez écouté ma précédente vidéo sur l’origine de la timidité, vous avez bien compris cela. Donc, ce n’est pas une transmission génétique ou biologique, c’est vraiment une transmission comportementale et émotionnelle.
Avant de poursuivre, je voudrais vous préciser que quand je parle des parents, je parle des figures éducatives au sens large, car tous les enfants ne vivent pas avec un papa et une maman à la maison. Aujourd’hui, il y a beaucoup de familles monoparentales et des familles recomposées, avec une belle-mère ou un beau-père. La grand-mère joue parfois un rôle prépondérant. Donc, il y a beaucoup de cas de figure. Quand je parle des parents, je parle donc des référents éducatifs. Ce sont donc les personnes adultes qui vivent à proximité de l’enfant, qui vivent au jour le jour avec l’enfant et qui peuvent être des références pour lui.
Les parents castrateurs
Deuxième cas de figure : les parents castrateurs. Les parents castrateurs, ce sont des parents sévères, voire très sévères, qui imposent un cadre strict à l’enfant, de manière rigide. Il n’y a pas de discussion et, dans ces familles, l’enfant va avoir difficile à s’exprimer très librement, à exprimer sa spontanéité, à être vraiment lui-même.
Dans ces familles que j’appelle « castratrices », le parent ne passe pas beaucoup de temps à expliquer le cadre à l’enfant, à lui donner du sens. Le parent ne va pas donner du sens aux
règles qui sont imposées à l’enfant. Il n’y a pas d’espace de négociation. Le besoin de l’enfant n’est pas vraiment pris en compte. Les règles s’imposent à lui vraiment unilatéralement, sans discussion.
Dans un tel contexte, l’enfant va vite se sentir tiraillé entre le comportement qu’il va devoir adopter à l’extérieur s’il veut être accepté, respecté et aimé par son parent et tout ce qu’il ressent à l’intérieur de lui. Ce tiraillement peut clairement prendre la forme de la timidité. Émotionnellement parlant, on est très vite dans quelque chose d’assez proche de la timidité.
Parfois les parents vont infliger à l’enfant des punitions, des brimades, qui peuvent encore accentuer le phénomène. Il n’est pas nécessaire que les punitions soient physiques, que l’enfant reçoive des coups de cravache comme c’était parfois le cas autrefois, et peut-être encore malheureusement le cas aujourd’hui dans certaines familles. En réalité, les sanctions simplement psychologiques peuvent déjà impacter énormément l’enfant. Par sanction psychologique, j’entends déjà simplement le fait que si l’enfant sort du cadre et que le parent émet immédiatement des choses comme du dédain, de la dévalorisation, toute forme d’humiliation ou de rejet, c’est terriblement impactant pour l’enfant.
Dans un tel contexte, l’enfant ne va vraiment pas avoir d’autre choix que de rentrer dans le moule, d’accepter le cadre donné par le parent et de s’oublier, d’oublier ses élans.
Les parents idéalisateurs
Troisième cas de figure : les parents qui idéalisent leur enfant. Alors là, ce n’est pas toujours évident à détecter parce qu’on a affaire à des parents qui, extérieurement, aiment leur enfant, l’admire, lui font des compliments, en font même socialement un joyau au centre de la famille, mais, en réalité, « idéaliser » n’est pas « valoriser ». Idéaliser n’est pas la même chose que de valoriser votre enfant pour ses initiatives spontanées, pour ce qu’il dit ou ce qu’il fait. L’idéaliser, c’est lui faire porter un idéal qui n’est pas le sien, mais qui est celui du parent !
Je vous donne un exemple, ça va être plus facile à comprendre. Imaginez une petite fille de 9 ans qui joue du piano. Sa mère lui fait jouer du piano plusieurs fois par semaine, lui fait faire des concerts. Elle en parle partout : « Regardez, ma fille de 9 ans joue du Mozart, c’est extraordinaire, elle a un don ». Dans un cas pareil, le parent tire un orgueil de la prestation de son enfant. Le parent projette son propre idéal sur l’enfant. Parce que, si ça tient, cette petite fille, elle a envie de faire du violon ou du volley-ball, que sais-je. Et si, en apparence, elle semble tout à fait aimée et valorisée, elle va se retrouver quasiment dans la même situation qu’un enfant qui vit dans un système d’éducation castrateur parce que, pour se faire aimer et admirer du parent, elle va devoir développer un autre personnage qu’elle-même ! Elle va devoir développer des compétences qui ne sont pas forcément ses envies intrinsèques.
Les parents surprotecteurs
Le quatrième cas de figure, c’est le cas des parents surprotecteurs. Cela part souvent d’un très bon sentiment. Les parents ont envie de protéger leur enfant. Ils n’ont pas envie que leur enfant vive
des expériences désagréables. Les parents ont leurs peurs, aussi. Et, donc, ils se mettent à surprotéger leur enfant.
On a affaire à des familles où les enfants vont avoir très peu de contacts avec l’extérieur, très peu de contacts avec les autres enfants, très peu d’activités sportives et culturelles à l’extérieur. Ce sont des enfants qui ne vont quasiment jamais dormir ailleurs chez des amis ou dans la famille. Des enfants qui, tout au long de leur enfance et de leur adolescence, peuvent ne jamais faire le moindre stage ni les moindres vacances avec d’autres enfants en dehors du cadre strictement parental.
Donc, ce sont des enfants qui vivent vraiment dans un cocon parental, qui sont toujours dans les pattes du parent, particulièrement lorsqu’ils sont à même à faire quelque chose de difficile, un challenge quelconque. Le parent est derrière, de peur que l’enfant vive une expérience désagréable. Et, donc, ce sont des enfants qui ont plus de mal à développer leur autonomie, en tout cas au niveau des compétences sociales.
Ces enfants vont ressentir un terrible contraste entre ce qu’ils vivent à l’intérieur du cocon intrafamilial et ce qu’ils vont vivre dans la société à l’extérieur. Parce que dans notre société,
les enfants doivent au moins aller à l’école et, donc, entre la maison et l’école, ces enfants vont vivre un contexte relationnel complètement contrasté et ça peut les déstabiliser. Cela peut être assez difficile à vivre pour eux. Le fait que le parent soit sans arrêt derrière eux à les protéger peut clairement leur donner l’impression que le monde extérieur est rempli de dangers.
Mais la principale conséquence pour ces enfants, c’est tout simplement qu’ils vont avoir beaucoup moins l’occasion que d’autres enfants de s’exercer au social, de se frotter aux autres. Or, les compétences sociales, l’aisance en société, c’est comme toutes les compétences, cela demande de l’habitude, de l’entraînement. Cela demande de faire des essais et erreurs. Or, ces enfants-là ont moins l’occasion de faire leurs essais et erreurs dans toute la panoplie de relations qu’on peut rencontrer en société. De ce fait-là, ils vont probablement développer moins de confiance parmi les autres. Ils vont sentir peut-être un décalage avec les autres enfants. Tout cela peut avoir pour conséquence, une fois de plus, la timidité.
Les parents indifférents
Cinquième et dernier cas de figure que je voulais voir avec vous, le cas des parents absents ou indifférents. Quand je dis « absent », c’est psychologiquement absent. Parce qu’une mère ou un père peut très bien travailler à l’étranger, travailler de nuit, certains enfants peuvent fréquenter un internat et ne voir leurs parents que le week-end, par exemple, et ce n’est pas forcément un problème. Ce qui compte, c’est la qualité des relations avec le parent, pas forcément la quantité des moments passés avec l’enfant. Vous pouvez avoir un parent qui vit sans arrêt à proximité de son enfant dans la même maison, mais sans vraiment nourrir la relation. Avec comme une forme d’indifférence du parent envers l’enfant.
Les chercheurs scientifiques ont très bien étudié le phénomène de l’indifférence et l’impact de l’indifférence sur les humains… et sur les animaux aussi d’ailleurs ! Prenez trois populations de rats. La première population, on la soumet à des stimuli positifs. On lui donne à manger, on la laisse jouer. La deuxième population reçoit des stimuli négatifs, par exemple de petites décharges électriques. La troisième population, elle, ne reçoit aucun stimuli, ni positif ni négatif. Donc, les rats vont vivre dans un environnement complètement morne, sans événement, sans possibilité d’interaction.
Vous ne serez pas étonnés que c’est la première population qui va avoir de quoi se développer au mieux. Pour les rats, les singes et les êtres humains, c’est la même chose : ceux qui reçoivent des signaux positifs, de l’amour, de la nourriture, du jeu, vont pouvoir s’épanouir au mieux. Dans les deux autres populations, le résultat est très étonnant. En tout cas, moi je m’étais trompé. Je pensais que c’était la population qui reçoit des stimuli négatifs qui aurait le plus de mal à se développer. Mais, en fait, ce n’est pas le cas ! C’est la troisième population, celle qui vit dans l’indifférence qui a vraiment le plus de mal à se développer et à s’épanouir ! Et c’est vrai, quand vous y réfléchissez, je vais le dire de manière un peu brute, mais un enfant qui est frappé, au moins il a le sentiment d’exister. Tandis qu’un enfant sur qui on ne pose aucun regard, c’est un enfant qui n’existe plus, quelque part. Grandir dans un environnement où vous n’avez
aucun répondant relationnel, c’est vraiment très difficile. Et, là aussi, la timidité peut apparaître.
Voilà, nous avons vu 5 systèmes éducatifs susceptibles de générer de la timidité chez un enfant.
Je résume…
1. les parents timides, qui vont transmettre possiblement à l’enfant leur timidité par un effet de contagion.
2. Les parents castrateurs, qui ne vont pas permettre à l’enfant de s’exprimer très librement, exprimer sa spontanéité, être lui-même.
3. Les parents idéalisateurs, qui vont insidieusement amener l’enfant à développer un autre personnage que lui-même.
4. Les parents surprotecteurs, qui ne vont pas offrir à l’enfant tout l’espace nécessaire pour se construire socialement.
5. Les parents absents psychologiquement ou indifférents à l’enfant, qui ne vont pas offrir à l’enfant le moindre répondant relationnel.
Détricoter la timidité
Est-ce que vous vous reconnaissez dans certains passages de cet article ? En tout cas, mieux vous identifierez les racines de votre propre timidité, mieux vous serez à même de la désamorcer. Et en tant que parents, vous pouvez aussi prendre conscience de certains mécanismes et vous responsabiliser pour le bien-être de votre enfant.
La timidité, c’est un peu comme une boule de fil complètement emmêlée. Cela nous pèse, cela nous rend la vie un petit peu difficile. Mais si vous parvenez à voir d’où vient le début du fil et mieux comprendre l’origine de votre timidité, cela va vous permettre de la démêler, de la détricoter plus facilement. Et, finalement, vous en débarrasser complètement.

Le kit de survie du timide





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