Le selfie : un allié ou un enfer pour le timide ?

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Décrié par les uns, qui y voient un narcissisme maladif, le selfie est perçu par d’autres comme une véritable libération de la communication spontanée. Comment trouver sa place et son aisance dans cette culture de l’image ? Le selfie peut-il être un allié du timide ?
 

La pratique du selfie a littéralement explosé, au point que le terme a été élu « mot de l’année » en 2013 par l’Oxford English Dictionnary. Soyons aussi précis que ce prestigieux dictionnaire pour définir l’objet de nos réflexions : un selfie est « une photographie qu’une personne a prise d’elle même, généralement au moyen d’un smartphone ou d’une webcam, puis publiée sur un média social ».
Selfie timide

 

Un narcissisme maladif ?

Prendre une photo de soi-même signifie pour certains, de facto, une dérive narcissique et une obsession de contrôle de son image.

Certes, le selfie répond probablement à ces trois motivations humaines :

  1. Exister aux yeux des autres, ne pas être oublié.
  2. Transmettre une image particulière de soi-même.
  3. Chercher une récompense sociale (un compliment, un « like », un « follower »).
Le mythe de Narcisse nous parle encore…
Un jour, alors que Narcisse se penche pour boire sur de l’eau claire il y voit son reflet et en en tombe éperdument amoureux, sans savoir qu’il s’agit de lui-même. Incapable de bouger tant il est fasciné, il perd ses forces et finit par se laisser mourir devant son reflet. Morale de l’histoire : à trop s’aimer soi-même, on finit par s’assécher.

En psychiatrie, le narcissisme est l’amour qu’une personne a pour elle-même. Une certaine dose de narcissisme est normale et nécessaire pour la confiance et l’estime de soi. Tout est question d’équilibre. C’est l’excès ou l’absence de valorisation de soi qui signale un déséquilibre.

D’après une étude de l’université de Californie, l’abus de réseaux sociaux peut générer des troubles de la personnalité d’ordre narcissique, de la dépression, du voyeurisme ou des TOC (Troubles Obsessionnels Compulsifs). Vous avez bien lu : c’est l’abus qui s’avère problématique, pas l’utilisation en tant que telle.

Certains sociologues et psychologues parlent d’un « hyper individualisme anxieux » où l’individu, malgré la multiplication des échanges compulsifs avec les autres sur les réseaux sociaux, est complètement tourné vers lui-même. Il appartient à ce « bal des egos » décrit par le psychiatre Laurent Schmitt. Le selfie révélerait ainsi une faiblesse, une fragilité, comme une béquille narcissique, un appel désespéré pour combler une faible estime de soi ou un vide affectif. Selon certains, le selfie remplirait l’individu d’images construites, de représentations de moments de vies, qui combleraient, en réalité, un manque à vivre le réel.

« Je me regarde, je te regarde et je te regarde me regarder. »

D’autres psychiatres, comme Serge Tisseron, rappellent que « désir d’intimité et désir d’extimité sont le coeur de la construction de l’estime de soi et de l’identité ». En d’autres termes, pour construire notre confiance en nous, nous avons à la fois besoin de protéger notre intimité, mais aussi de la partager, de nous dire à l’autre et d’être accepté.

Toujours est-il que cette volonté d’être « populaire » (avez-vous remarqué comme le terme s’est propagé dans les collèges parmi les adolescents?) peut prendre une tournure obsessionnelle, voire dramatique. Souvenez-vous de l’histoire d’un jeune britannique de 19 ans, Danny Bowman, qui souffrait de trouble dysmorphophobique (traduisez : « il avait peur d’être laid ou d’avoir une mauvaise image »). Dès l’âge de 15 ans, il a commencé à faire des selfies à la recherche de l’image parfaite. Il lui est arrivé de faire jusqu’à 200 selfies par jour et passer plus de 10 heures à suivre, sur les réseaux sociaux, les commentaires sur ses photos. Insatisfait et épuisé de cette quête à l’image, il a tenté de se suicider.

Certains sont tellement affairés à prendre des photos d’eux-mêmes qu’ils en prennent des risques (par exemple en voiture, en moto ou en traversant la rue). A tel point que, selon le magazine Mashable, en 2015, le selfie a fait plus de morts que les attaques de requins.

LE SELFITIS, LA MALADIE DU SELFIE
Un chercheur de l’université de Nottingham et son confrère indien ont réalisé un sondage auprès de 400 personnes, en quête d’une présumée maladie, le « selfitis », qui ne serait autre que l’addiction au selfie. Au terme de leur étude, ils classent ce trouble en 3 niveaux de dépendance: borderline (la personne prend au moins 3 photos par jour d’elle-même, mais sans nécessairement les publier), sévère (la personne partage au moins 3 selfies par jour sur les médias sociaux) ou chronique (la personne prend des selfies de manière incontrôlée tout au long de la journée, et elle poste au moins 6 selfies par jour sur les médias sociaux). Cette étude ne fait pas l’unanimité, mais elle dénote une volonté, de la part d’une partie du corps médical, d’évaluer le niveau d’addiction à certaines pratiques digitales sociales susceptibles de causer des troubles.

Au rayon des études interpellantes, il y a aussi celle de Christyntje Van Gallagher, une doctorante en psychologie qui a analysé les photographies postées dans les médias sociaux comme Facebook. Les conclusions sont assez troublantes, car elles établissent une corrélation entre la pratique du selfie et la satisfaction sexuelle. En clair, les personnes qui publient de nombreux selfies sur les réseaux sociaux sont davantage sujettes à des carences affectives ou sexuelles.

Sur 800 adeptes du selfie interrogés, 83% ne se sentent pas épanouis sexuellement. Les accrocs de l’autoportrait ont posté en moyenne 45 selfies durant le mois qui a précédé l’étude. En revanche, leur vie affective et sexuelle apparaît très pauvre : ils expriment des frustrations et la fréquence de leurs rapports sexuels est très faible. La pauvreté du vécu réel semble encourager une suractivité virtuelle.

S’il vous faut une dernière mise en alerte quant aux dangers liés à l’abus de selfie, David Veal, psychiatre britannique réputé, affirme que 75% de ses patients souffrant de troubles de dysmorphie corporelle (préoccupation excessive liée à un défaut de l’apparence physique) ont l’habitude de prendre plusieurs selfies dans la journée et de les poster ensuite sur les réseaux sociaux.

Le selfie… quelle affaire!
Selon une étude menée par Olay auprès de 3500 femmes britanniques:
– Elles prennent en moyenne 20 minutes pour réaliser un selfie!
– 67% des jeunes femmes retouchent leur photo avec des filtres!
– 75% se sentent mal à l’aise certains jours pour faire un selfie

L’ironie de l’histoire est que cette quête frénétique à vouloir se montrer sous son plus beau jour provoque un effet inverse. C’est ce qu’ont démontré des chercheurs canadiens, qui ont comparé près de 200 étudiants, dont la moitié sont des producteurs réguliers de selfies, alors que l’autre moitié pratique très peu ou pas du tout cette activité.

Les conclusions de cette étude sont éloquentes : tandis que les pratiquants du selfie se jugent plus attirants sur ces photos prises par eux-mêmes, le public estime exactement l’inverse, marquant une préférence pour les photos classiques, moins narcissiques. En d’autres termes, les adeptes du selfie se surévaluent. Ils ne se rendent pas compte que leur narcissisme est détecté et diminue, en réalité, leur capital sympathie. Les étudiants qui ne pratiquent pas le selfie ont une autoperception plus juste, plus en accord avec la perception du public.

Le selfie est une arme à double tranchant : il vous donne l’impression de pouvoir contrôler votre image, mais en réalité, il vous expose à des contre-effets, jusqu’au possible sarcasme. La société peut se montrer très cruelle vis-à-vis de ceux qui se mettent en scène. Le désir de faire bonne figure peut violemment se retourner contre vous. Mes propres adolescents m’ont raconté des effets de contre-popularité, vécus au collège, qui donnent froid dans le dos.

Et si le selfie était, au contraire, l’art de la spontanéité ?

Vous n’avez rien compris aux selfies ! , affirment certains avec beaucoup de bon sens, prenant le contrepied des psychiatres et sociologues alarmistes et réactionnaires.

Le portrait de soi n’est pas forcément narcissique, rappelle l’observatoire sociétal de la vie numérique, c’est avant tout un acte de partage. Le selfie, c’est une carte postale vivante, en temps réel, envoyée à tous ceux et celles qui veulent la cueillir.

Regarde! Je suis ici et maintenant, c’est cool… et toi ?

Le selfie n’est ni futile ni vide de sens: c’est de la communication hypercontextualisée. C’est ouvrir un dialogue au départ d’un partage maximal : « je suis là, je fais cela, je ressens cela… et toi, tu fais quoi et tu en penses quoi ? ». Dans le selfie, l’image n’est pas le plus important, mais bien la conversation !

Le selfie choque certains, car il incarne la désacralisation ultime de l’image… « Regarde, je mange! », « Regarde, je bois un café! ». Pas besoin de grands exploits, le selfie ouvre une fenêtre sur ce que nous vivons. Avec beaucoup d’autodérision. Les pratiquants du selfie aiment se mettre en scène, non pas seulement pour se présenter sous un angle favorable, mais aussi pour faire rire, partager une grimace, dérider. Nous sommes dans la culture du LOL, à prendre rarement au premier degré.

Selfie collectif - ambiance amusée
Source de l’image : Freepik

Le selfie, c’est aussi un phénomène de société, une démocratisation de la popularité. Auparavant, seuls les acteurs de cinéma, les chanteurs et les princes avaient le droit de se mettre en scène sous les projecteurs. Aujourd’hui, nous, les sans-grade, pouvons endosser la société du spectacle.

A y regarder de près, le selfie est souvent tout l’inverse d’un contrôle psychorigide de sa propre image. Jouant des incertitudes du cadrage, des traces visibles de la manipulation ou de l’amateurisme de la prise de vue, le selfie assume ses défauts qui deviennent une signature. Nous sommes loin de la photo classique et du « cheese » ou tout le monde doit regarder l’appareil, sourire et rentrer dans le cadre. Contrairement aux idées reçues, donc, le selfie est un gage de spontanéité et d’authenticité. Snapchat, cette application qui rencontre un immense succès auprès des jeunes, incarne cette approche relâchée, en clin d’oeil, qui dit presque : « Attrape-moi si tu peux, je suis déjà ailleurs 🙂 ».

Bien sûr, l’univers du selfie contient sa dose de narcissisme pathétique ou ses dérapages tragiques, mais il n’en reste pas moins l’expression d’une société qui se libère dans le partage. Comme toujours lorsqu’on parle de médias, une pratique n’est pas bonne ou mauvaise en soi, c’est son usage qui va faire la différence. Alors quels sont les risques et les opportunités du selfie pour la personne timide ?

Alors, la pratique du selfie, c’est bon pour les timides ?

Il est probable que le selfie présente à la fois un attrait et une crainte pour le timide.

Un attrait, parce que l’autoportrait permet de garder un contrôle sur l’image que vous émettez, ce qui est extrêmement rassurant pour un timide. « Chouette, j’ai droit à autant d’essais que je veux pour enfin présenter au monde un visage parfait ! ». Mais tel est justement le piège dans lequel le timide peut tomber : un obsessionnel contrôle de son image. Souvenez-vous l’histoire de Danny Bowman, qui a fini par tenter de se suicider après s’être épuisé à obtenir une belle image de lui. En vain, car si vous avez une mauvaise image de vous-même, sachez qu’elle est surtout mentale et intérieure, et qu’il y a peu de chances que cette 42e prise de vue rétablisse votre estime de vous-même.

Bon, je vais vous faire une confidence : la première fois que j’ai tourné une vidéo, j’ai dû faire 50 essais. Lorsque mon épouse avait le malheur de s’approcher du lieu de tournage (où j’étais seul à seul avec ma caméra, mais avec la sensation de faire face à un immense auditoire), je lui jetais des regards assassins, comme si elle interrompait « LA » bonne prise de vue qui allait rester dans les annales et véhiculer une favorable image de ma personne envers tous les spectateurs de Youtube. Je pestais, je jurais, à chaque accroc. J’ai terminé la journée exsangue… et remis ma « self-vidéo » au lendemain. Enragé de mon propre narcissisme (car tel était en réalité le problème), je me suis alors décrispé. Le résultat était plus naturel, mais il aura fallu un fameux accouchement !

Anxiété dans l'utilisation d'un média social comme FacebookSource de l’image : Freepik

Donc, un premier conseil aux timides : ne basculez pas dans cette obsession du contrôle de votre image ! La solution est exactement à l’opposé : tempérer votre narcissisme, cesser de vouloir briller coûte que coûte. Ce qui nous amène à la question centrale : pourquoi avez-vous tant besoin de transmettre une bonne image de vous ? La réponse sera souvent : parce que vous n’avez pas une assez bonne image de vous-même et que vous avez besoin de vous rassurer.

Le vrai enjeu sera d’améliorer l’estime que vous avez de vous-même, de sorte que votre besoin effréné de plaire s’apaisera. Vous aurez gagné non pas quand vous serez parfait(e) sur la photo, mais quand vous aurez acquis la confiance pour communiquer naturellement, simplement pour partager, et sans chercher à plaire à tout prix. Cela, ce sera une vraie victoire !

Si vous utilisez le selfie pour briller et être admiré, vous avez de grandes chances de tomber dans le contre-effet évoqué plus haut : non seulement le public va détecter votre besoin de vous mettre en avant et vous n’en serez pas forcément perçu comme sympathique, mais en plus, comme vous êtes dans une phase timide, il y a de grandes chances que quelque chose coince dans votre mise en scène et manque de naturel. Dans ce cas, vous vous exposez aux sarcasmes.

Alors bien sûr, il existe des dizaines de vidéos Youtube qui vous expliquent comment devenir le roi du selfie… mais vous l’aurez compris, je ne vous conseille pas de vous engager dans cette voie ! C’est vers votre naturel qu’il faut tendre. Et ce n’est pas en adoptant les faciès conseillés par Aurela ou autre que vous réglerez votre manque de confiance, qui est logé à l’intérieur de vous. Avec un petit bémol quand même : si vous êtes littéralement tétanisé à l’idée d’être pris en photo (c’est le cas de certaines personnes), apprendre une ou deux attitudes typées peut vous rassurer. Mais ce ne sera qu’un pansement en attendant de trouver votre aisance au naturel. Votre timidité est le signe que vous contenez en vous une personnalité qui n’attend qu’à se libérer. C’est elle qui fera de vous quelqu’un d’épanoui, et pas toutes les mimiques stéréotypées, qui ne sont que des masques.

Le timide a davantage besoin qu’un autre de :

  1. se rassurer sur sa valeur
  2. se rassurer sur ce que les autres pensent
  3. contrôler son image

Cette fragilité risque de pousser le timide vers une mauvaise utilisation des médias sociaux, non plus centrée sur le partage, mais ayant pour but de se rassurer, d’être validé, d’obtenir la sympathie et l’admiration. C’est une approche très fragile. La confiance en vous ne peut se nourrir exclusivement de « likes » et de « followers ». La course aux signaux de gratification sociale risque de vous faire beaucoup de mal. Evitez notamment de vous comparer aux autres… si vous êtes timide, c’est sans doute que vous êtes sensible, avec une grande richesse intérieure, alors ce n’est peut-être pas une très bonne idée de rechercher votre valeur sur un terrain aussi superficiel, imprévisible et cruel qu’un média social.

Les très jeunes adultes ou les adolescents sont particulièrement exposés à ce risque pour une double raison : ils sont dans un âge où la confiance se construit, et ils sont de grands utilisateurs des médias sociaux.

D’après la psychologue des médias Pamela Rutledge, les selfies révèlent un besoin obsessionnel d’attirer l’attention de son entourage. Des efforts qui traduisent un besoin excessif d’être admiré, doublé à une faible estime de soi. Or, c’est exactement la définition que nous donnons du timide sur ce site : une forte envie de plaire, combinée à une faible confiance en soi. Vous l’avez compris, en tant que timide, vous êtes davantage exposé(e) aux risques d’une mauvaise approche des médias sociaux.

« Comme des funambules mieux vaut fixer le but que de regarder ses pieds » – Michel Eltchaninoff.

Le saviez-vous ?
L’excessive confiance en soi est moins appréciée du public qu’une certaine timidité ! Le site CheapHolidayLand.com a demandé à un public britannique Quels sont les dix selfies les plus énervants ? Les réponses sont édifiantes ! Les selfies trop confiants irritent le public : le bikini selfie (22%), le selfie post-sport (18%), le selfie après l’amour (15%)… tandis que le selfie « timide » ne dérange presque personne (1%).

D’autres timides auront, au contraire, tendance à fuir le selfie. Particulièrement les timides sévères qui détestent se voir en photo. Nous l’avons déjà souligné, le selfie est l’art de la décontraction, qui manque souvent au timide. Il expose le sujet à la sanction sociale.

Ooooooh, t’es trop beeeeeeeeeelle !

Comme mentionné plus haut, l’autodérision fait partie de la culture du selfie. Elle peut, pour le timide, s’avérer plus confortable et plus naturelle qu’une affirmation de soi au premier degré. C’est une vraie piste, mais attention tout de même !, l’autodérision ne doit pas tourner en autodépréciation. Ne vous rendez pas systématiquement moche ou ridicule pour exorciser le manque de confiance en vous. Le clin d’oeil spontané sans tentative de « faire le beau », oui, super ! Mais n’abusez pas des « uglies », ces prises de vue volontairement dévalorisantes. A petite dose, elles peuvent vous affranchir et constituer une soupape, mais si vous y avez recours de manière systématique, sachez qu’elles ne sont pas une solution au manque de confiance en vous.

Une autre solution, pour alléger la pression et se sentir moins visé, est de prendre des « groufies« , c’est à dire des selfies à plusieurs. Selon une étude réalisée sur Instagram en février 2017, 14% des selfies impliquent plusieurs personnes sur la photo. Mais cette pratique peut engendrer d’autres types de stress pour le timide : « Les autres vont être à l’aise et moi pas ! », « Je suis le seul tout rouge et coincé parmi les autres ». Une personne timide peut également se voir solliciter contre son gré et être « happée » dans un selfie qu’elle ne désirait pas, rendu visible sur Facebook ou Instagram. Nous vous encourageons ici à apprendre à dire non, dès lors que vous ne désirez pas être pris(e) en photo. C’est une manière de vous protéger, mais c’est aussi la loi : vous avez un droit à l’image.

Autre option : prendre en photo juste une partie de vous avec un décor en arrière-plan. Ce type de prise de vue représente 10% des selfies. L’avantage est que vous décentrez l’attention : c’est le décor qui devient le vrai sujet. Et dans ce cas de figure, l’autodérision passe très bien. Une mimique expressive avec un paysage, un objet ou des personnes en arrière-plan n’a pas le même effet qu’une grimace en gros plan, dont l’effet peut être dévalorisant.

Un critère qui nous semble vraiment essentiel pour faire la différence entre un selfie « sain » et un selfie à risque, c’est votre audience. Si vous vous adressez à des amis véritables, qui préexistent dans la vie réelle, la relation est préétablie et le selfie prend une tout autre dimension. La communication se situe dans un partage qui prolonge une relation réelle. Si, en revanche, vous postez des selfies auprès d’une audience très large, composée de personnes que vous connaissez à peine et que votre objectif est de créer la relation en vous exposant, vous prenez plus de risques! En clair, nous vous invitons à restreindre votre communication auprès d’un vrai groupe d’amis. Facebook permet notamment de créer des sous-groupes, afin de filtrer l’audience. Vous vous situez alors davantage dans la communication interpersonnelle, et non dans un appel désespéré du type « Y a-t-il quelqu’un qui m’aime? ».

Et puis, posez-vous la question : si vous manquez de confiance, le selfie est-il votre meilleur mode d’expression ? Ne gagneriez-vous pas à communiquer différemment ? Quelques mots, une pensée, une fantaisie, une photo qui expriment votre sensibilité, votre humour… sortez de cette course à la popularité de l’apparence.

Le mythe de Narcisse est une parabole encore évocatrice du piège narcissiqueNarcisse, John William Waterhouse, 1903

Souvenez-vous de Narcisse, mort devant son reflet. La vraie question n’est pas comment faire bonne figure dans vos prochains selfies, le véritable enjeu, c’est de vous aimer vous-même, au plus profond de vous-même. Parvenir à vous aimer vous-même, sans avoir besoin d’être constamment validé par les autres, développer une confiance en vous intérieure, sans plus vous focaliser sur votre reflet (l’erreur de Narcisse), sans plus frémir dans l’attente des « like »… et cela, nous continuerons d’en parler sur ce site.

 

En conclusion :
Posez-vous les questions suivantes concernant le selfie:

  1. Vous en prenez plusieurs fois par jour
  2. Vous angoissez à l’idée de ne pas être parfait sur la photo
  3. Vous avez besoin de retoucher votre visage
  4. Vous comptez vos « like » de manière anxieuse
  5. Vous vous dévalorisez volontairement sur les photos
  6. L’avis des inconnus compte plus que les réactions de vos amis

Plus votre profil correspond à ces 6 scénarios, plus votre usage du selfie apparaît problématique et révèle un manque de confiance en vous. Mais autrement, pas de raison de diaboliser la pratique du selfie… faites-vous plaisir et partagez avec vos ami(e)s!

Commentaires des lecteurs

  • Jared Becerra dit :

    L’article est une vraie bouffée d’air fraîche. Bien qu’il soit long, très long, il donne une riche information précieuse sur un sujet grandement d’actualité et qui est une pratique courante dans le monde d’aujourd’hui. J’aime beaucoup les statistiques, ça prouve que l’auteur a fait ses recherches même si le sujet des selfies peut sembler très anodin et ça donne de la crédibilité à l’article. Vraiment bon à lire pour tous ceux qui ont de la difficulté à s’exprimer et qui veulent changer. Bravo !

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